Rétrospective #2 : Salon du Bourget #SpaceBourget

headerDe retour de vacances, je vais enfin pouvoir vous raconter ma folle épopée au Bourget, bande de petits veinards.

Le mois dernier, par une journée ensoleillée de juin (le 17 pour être précise), je me suis rendue au 51e Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace, au Bourget (pour ceux qui ne le sauraient pas, c’est en région parisienne), un événement qui se targue d’être “le plus grand rendez-vous mondial de l’aéronautique et de l’espace”. Un quelconque lecteur extralucide pourrait objecter d’un « mais que diable faisais-tu donc là-bas, toi dont l’amour des avions est aussi réel que le goût bacon dans les Pringles ? » Je lui répondrais qu’effectivement, les avions et moi, ça fait deux. Mais le Salon du Bourget ne célébrait pas uniquement ces volatiles d’acier: comme son nom l’indique, c’était aussi la fête du domaine spatial ! Était présent tout le gratin de l’espace : l’ESA, Arianespace, les montpelliérains de la fondation Van Allen (j’avais assisté à leur inauguration l’an dernier) et le CNES, pour ne citer qu’eux. C’est d’ailleurs le CNES itself (via ce sympathique Guilhem) qui m’avait invitée aux côtés de camarades bloggeurs et touitteurs compulsifs (Nadège, Arnaud, Arnaud et Tristan), et nous avait concocté une flopée d’activités réjouissantes.

En parlant du CNES, j’avais d’ailleurs eu le plaisir de participer à leur tout premier Hangout sur l’océanographie spatiale, il y a fort fort longtemps. Et en passant, pour les plus parisiens d’entre vous, sachez que le CNES organise régulièrement son propre café scientifique !

Donc, le CNES. Mais avant, les avions, parce que les démonstrations aériennes se sont succédé tout au long de la journée et que, même en étant a priori peu réceptive à ce genre de cabrioles de haute voltige, j’ai bien dû admettre que ça imposait son style (surtout, voir un avion de ligne faire des pirouettes, ça n’est pas commun !). Voyez plutôt :

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Démonstrations aériennes au Salon du Bourget 2015.

Mais ce qui m’a marquée en arrivant sur les lieux, ce n’était pas le temps radieux ni la chaleur estivale mais plutôt le troupeau de photographes perché sur un monticule à l’entrée du Salon :

101Après avoir déambulé au gré des allées peuplées d’hommes (et un peu de femmes) d’affaires en costume (en ayant une pensée émue pour leurs aisselles en nage par cette chaleur), je me suis dirigée vers la réplique d’Ariane 5 et suis tombée nez à nez avec une comète !

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Une vision bien incongrue : comète en premier plan (67P/Tchourioumov-Guerassimenko alias Tchouri pour les intimes), une planète Terre et en fond, une réplique de la fusée Ariane 5.
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Portrait de la belle Tchouri. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, elle n’est pas un nouveau terrain de golf ; les drapeaux matérialisent les endroits où l’atterrisseur Philae (largué par Rosetta en novembre dernier) a touché le sol cométaire pour la première fois, et celui où il a établi ses quartiers après plusieurs rebonds.
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Philae était aussi de la partie !

Après avoir serré la pince à Tchouri (ça n’arrive quand-même pas tous les jours), j’ai repéré plus loin un globe qui m’avait l’air familier ; bon sang mais c’est bien sûr, c’est notre bonne vieille planète bleue ! Ce chapiteau du CNES traitait d’un sujet d’actualité : point de Caitlyn Jenner ni de Wimbledon, je veux bien sûr parler du climat.

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123 Le dôme en forme de Terre du CNES, vu de l’extérieur (en haut) puis de l’intérieur (en bas). Je ne croyais pas pouvoir voir la planète avec cette perspective un jour, voilà qui est fait !

Quel rapport entre le climat et l’agence spatiale française, me direz-vous ? Eh bien beaucoup plus qu’on ne le pense. Les images satellitaires de la planète sont très utiles pour des tas de choses, et je le sais bien puisque j’ai moi-même utilisé de telles données pour étudier le changement climatique lors d’un stage de recherche en Master (mais j’en ai déjà trop dit, les résultats ne sont pas encore publiés, chut !).

Au centre du dôme-Terre, Claire Tinel, ingénieur en imagerie spatiale, nous a raconté la charte internationale “Espace et catastrophes majeures” créée dans les années 2000 conjointement par le CNES et l’ESA. Quand une catastrophe naturelle survient, le CNES réagit au plus vite pour fournir aux entités compétentes des images satellitaires avant-après ; celles du séisme au Népal étaient édifiantes. Le site Enjoy Space a d’ailleurs traité la question :

Ce dispositif programme en urgence des satellites pour « photographier » la zone sinistrée. Les images une fois traitées sont fournies gratuitement aux pays victimes des images satellites pour les aider à organiser les secours.

Les dix agences spatiales adhérentes disposent d’un réseau de quelque 25 satellites – Spot 4 et 5 ou les Pléiades pour la France – dont les images permettent d’obtenir des cartes récentes des zones sinistrées. Les images optiques permettent de visualiser des immeubles écroulés, des villages détruits, des routes coupées, des camps de réfugiés…

Les images acquises par les deux satellites optiques d’observation de la Terre Pléiades, du Cnes, ont ainsi été étudiées par les volontaires de l’ONG américaine Humanitarian OpenStreetMap. Elles leur ont permis de localiser et cartographier les tentes de fortunes dans les parcs, cours d’école, stades, afin d’aider les secours à apporter la nourriture et l’aide médicale aux sinistrés. Les Pléiades peuvent observer et cartographier la surface de la Terre avec une résolution de 70 cm…

Mais il ne suffit pas de fournir des images satellitaires telles quelles puisqu’au demeurant, elles sont assez ardues à déchiffrer et difficilement exploitables en l’état. Des entreprises de cartographie (telles que le SERTIT à Strasbourg) font parler ces images en y superposant des tracés et des symboles : les routes, la surface des habitations entières ou détruites, tout y passe.

A l’issue de cet exposé et après avoir été frôlés par le maître Jean-Yves Le Gall, illustre président du CNES, qui descendait de son pupitre, nous sommes allés nous rafraîchir dans le pavillon privé du CNES. Comprenez : un grand bâtiment en préfabriqué à un étage et deux terrasses, décoré de palmiers et dont l’entrée est gardée par deux men in black à l’air de ceux à qui on ne la fait pas et qui ne vous laissent passer que si notre nom est inscrit sur leur liste. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la vue était plutôt sympa depuis la terrasse du pont supérieur :

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La vue depuis la terrasse au premier étage du pavillon du CNES.

Après cette pause surréaliste où des avions se promenaient sur le tarmac et d’autres batifolaient dans les airs (j’ai oublié de mentionner le meilleur goody du monde qui m’a été offert un peu plus tôt), le gang des bloggeurs/twitteurs que nous étions a assisté au lancement officiel de la saison 2 d’#ActInSpace, célébré par une conférence solennelle que nous avons live-tweetée (à l’appui, un Storify non exhaustif parce que les tweets un peu vieux sont difficiles à retrouver…).

La conférence comptait un invité d’honneur, le très fameux Thomas Pesquet, astronaute, ingénieur et pilote Air France, qui s’envolera vers l’infini et au-delà (la station spatiale internationale) en décembre 2016 pour 6 mois. Il ne quitte pas sa combinaison malgré la chaleur ambiante ; rien que pour ça, respect.

 

Champagne et petits fours plus tard, nous voilà à un moment crucial de ma vie : le CNES nous avait annoncé que nous serions « libres de discuter avec notre maître de cérémonie, le prochain astronaute français Thomas Pesquet ». Contre tout ce qu’on eût pu imaginer, ce n’était pas survendu du tout : nous avons eu le privilège d’une vraie rencontre rien que pour nous 5 !

144Après un serrage de main amical, Thomas Pesquet a accepté de répondre à nos questions dans une ambiance décontractée et pendant bien une demi-heure/trois quarts d’heure. Eh bien c’était très très cool, et je peux vous dire que depuis ce moment-là, il est officiellement mon nouveau héros. Pour un petit aperçu, je vous renvoie vers les vidéos de Tristan :

ISS confidences de @Thom_astro 1

ISS confidences de @Thom_astro 2

Voilà un après-midi qui s’est terminé en apothéose. Un grand merci au CNES et à Thomas Pesquet !

autographe

Pour en savoir plus : le débrief du CNES

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