[Vidéo] L’Eurêkap #3 : l’actu scientifique de septembre 2016

L’Eurêkap is back avec du robot mou, des canyons remplis de méthane, du tournesol qui tourne, un reportage à l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière sur l’inconscient et les homonymes et bien plus encore !

Et pour ceux qui préfèrent lire (et veulent voir les sources, c’est même le principe de cette émission, m’voyez ; si vous n’avez pas accès aux dites sources, n’hésitez pas à me contacter) :

  • ESPACE. Des rivières de méthane liquide dans des canyons profonds de 570 mètres pour moins d’un kilomètre de large : voilà à quoi ressemblent les environs du pôle nord de Titan, la plus grande lune de Saturne. Ce réseau hydrographique (ou plutôt hydrocarbographique) est connecté à Ligeia Mare, le deuxième plus grand lac d’hydrocarbures à la surface du satellite. C’est en analysant des données altimétriques (c’est-à-dire d’altitude) récoltées par la sonde Cassini en 2013 que des chercheurs italiens et américains ont découvert ce paysage escarpé. D’après la Nasa, cette observation constitue la première preuve directe de la présence de rivières et de canyons aussi profonds sur Titan. 9 août, Geophysical research letters. Lire l’étude ; article de vulgarisation en anglais sur le New-York Times ; en français sur Sciences et Avenir.
  • DATA SCIENCE. La majorité des mathématiciens connus, d’hier et d’aujourd’hui, descendent de seulement 24 « familles académiques » : c’est-à-dire des lignées de scientifiques liés en amont à leur directeur de thèse et en aval aux étudiants qu’ils ont formés. C’est ce qu’ont découvert des chercheurs belges en analysant des données issues principalement du site Mathematics Genealogy Project, une base de données de près de 200.000 noms de mathématiciens depuis le 14e siècle. Le but est de reconstituer les filiations de mathématiciens, sous la forme d’une sorte d’arbre généalogique. 65 % des scientifiques étudiés se regroupent dans 24 familles (ou « écoles »), chacune contenant plus de 500 membres. Parmi les fondateurs de ces familles, on retrouve plusieurs Français tels que Cassini, cartographe et astronome, René Just Hauÿ, fondateur de la cristallographie moderne, mais aussi d’Alembert (philosophe, mathématicien et co-auteur de l’Encyclopédie avec Sieur Diderot). Détail intéressant : 80 % des mathématiciens connus sont issus de seulement 7 pays. Il s’agit dans l’ordre des États-Unis, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de la Russie, de la France, du Canada et des Pays-Bas. 16 août, EPJ Data Science. Lire l’étude ; article vulgarisé et illustrations bonus en anglais sur Nature.
  • ESPACE. L’info a fait frétiller les passionnés d’espace du monde entier : une planète habitable aurait été détectée autour de la naine rouge Proxima du Centaure, l’étoile la plus proche du Soleil. Elle est située à quelque 4 années lumière de notre système solaire (soit 40 mille milliards de kilomètres). Baptisée Proxima b, cette planète rocheuse pèserait au moins 1,3 fois la masse de la Terre. Son année durerait à peine plus de 11 jours. Mais prudence, habitable ne veut pas dire habitée. Cela signifie tout simplement que la température à la surface de la planète est compatible avec la présence d’eau liquide. Condition nécessaire pour abriter la vie telle qu’on la connaît, mais loin d’être suffisante. Si cette exoplanète est trop loin pour qu’on puisse y poser le pied dans un futur proche, il est tout à fait possible d’imaginer y envoyer une sonde pour l’étudier de plus près [EDIT 18/09/2016 : en fait c’est juste carrément trop loin pour ça ; désolée et merci à Éric pour la correction !]. Pour plus d’infos sur cette découverte, je vous invite à regarder, si ce n’est déjà fait, l’excellent article et vidéo de Science étonnante. 25 août, Nature. Lire l’étude ; le communiqué de presse en anglais.
  • BIOLOGIE. Le tournesol n’a pas besoin d’une boussole ni d’arc-en-ciel pour se tourner vers le soleil. Des chercheurs américains ont étudié un champ de jeunes plants d’Heliantus dans le conté de Yolo, en Californie. Ce mouvement des tournesols, appelé héliotropisme, est dû à une croissance déphasée des deux côtés de la tige : le jour, c’est la moitié orientée vers l’est qui grandit. La plante se penche donc progressivement vers l’ouest au cours de la journée. La nuit, c’est l’inverse : la moitié occidentale rattrape la première et le tournesol se retrouve orienté vers l’est, près à accueillir le soleil à son lever. Cette croissance est régulée par des gènes dont l’activation dépend de la lumière et de l’horloge interne, qu’on appelle circadienne. Un comportement qui profite aux tournesols. La surface de leurs feuilles augmente et ils gagnent 10 % de biomasse par rapport aux plants témoins. A maturité, les plants cessent leur danse quotidienne et s’orientent définitivement vers l’est. Un choix judicieux puisqu’ainsi chauffés par les rayons du soleil le matin, ils attirent 5 fois plus les insectes pollinisateurs que s’ils regardaient vers l’ouest ! 5 août, Science. Lire l’étude ; regarder la vidéo de vulgarisation en anglais.
  • TECHNOLOGIE. Octobot : non, ceci n’est pas le nom d’un Pokémon rare mais du premier robot autonome entièrement mou conçu par des chercheurs américains de l’université d’Harvard. Un système imprimé en 3D dans du silicone et qui se meut grâce à des réactions chimiques au cœur d’un système circulatoire artificiel qui carbure à l’eau oxygénée (H202). 25 août, Nature. Lire l’étude ; communiqué de presse, article de vulgarisation en anglais sur Science, en français sur Sciences et Avenir.
  • TECHNOLOGIE. Autre robot mou créé cette fois par des physiciens de l’université de Varsovie, en Pologne, une chenille, taille réelle, qui se déplace grâce à des impulsions lumineuses. D’après les chercheurs, le robot en élastomère imite le déplacement d’une vraie chenille pour progresser sur des surfaces planes, escalader des pentes, se glisser dans une fente et même déplacer des objets 10 fois plus lourds que lui. Des innovations prometteuses pour l’avenir de la robotique. 12 août, Advanced optical material. Lire l’étude ; article de vulgarisation en anglais sur Pop Sci.

  • GÉOLOGIE. Adieu Holocène, bonjour Anthropocène. Nous avons officiellement changé d’ère géologique. C’est la conclusion de 38 scientifiques qui étudient la question depuis 2009, exprimée lors du 35ème congrès international de géologie qui s’est tenu fin août en Afrique du Sud. L’Anthropocène, tel que défini par les chimistes Paul Crutzen et Eugene Stoermer en l’an 2000, se caractérise par la modification des conditions et processus géologiques par le biais des activités humaines. Des changements qui touchent les taux d’érosion et de sédimentation en lien avec l’agriculture, l’urbanisation et le changement climatique. Nos activités affectent durablement l’histoire de la Terre et marquent définitivement les strates sédimentaires récentes. On y retrouve aussi bien du plastique que des éléments radioactifs artificiels, certains métaux ou du ciment. Bref, ce sont autant de preuves de l’existence de cet Anthropocène. Reste maintenant à trouver ce qu’on appelle « le clou d’or », c’est-à-dire la trace dans les enregistrements sédimentaires du début de cette période. Trace qui sert de référence mondiale et qui est marquée par un clou scellé dans la roche. 30 août, International Geological Congress. Congrès, groupe de recherche sur l’Anthropocène, article de vulgarisation en anglais sur Tap News Wire, article en français sur Sciences et Avenir, publication de Crutzen et Stoermer.
  • SCIENCES COGNITIVES. Pour finir, nous en savons maintenant davantage sur la façon dont notre cerveau traite les homonymes. Focus sur une étude française parue le 6 août dans la nouvelle revue britannique Neuroscience of consciousness, présentée par Dr Benjamin Rohaut, médecin chercheur à l’Institut du Cerveau et de la Moëlle épinière (ICM), et dirigée par le Pr Lionel Naccache. L’étude, le communiqué de l’Inserm.

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