A Beautiful Planet, vertigineuse Terre

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En salles à La Géode depuis le 12 octobre, le film A Beautiful Planet nous emmène à bord de la station spatiale internationale pour nous offrir un point de vue original sur notre « magnifique planète » (d’où le titre).

Mardi dernier, j’ai eu la chance d’être invitée à l’avant-première de A Beautiful Planet, tourné par des astronautes depuis la station spatiale internationale (ISS), orbitant à 400 kilomètres autour de la Terre. Le documentaire, produit en collaboration avec la Nasa, était projeté à La Géode en présence des spationautes français Claudie Haigneré et Jean-François Clervoy, et du directeur général de Imax Richard Gelfond. Projection précédée d’un discours de Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, qui nous a exhortés à « sauver le climat ».

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Discours inaugural, en présence de Ségolène Royal, Bruno Macquart (président d’Universcience), Claudie Haigneré et Jean-François Clervoy.
(crédit : Morgane G.)

Grâce à une ingénieuse projection sur un quart du dôme, nous étions au cœur-même de l’ISS ! C’était assez merveilleux de regarder la Terre défiler au-dessus de nos têtes et d’expérimenter l’overview effect bien connu des astronautes. Petit bémol sur la voix-off toutefois : quelques petits détails m’ont un tantinet hérissé le poil scientifique. Par exemple, quand elle annonce d’emblée que la Terre est « la seule planète capable d’accueillir la vie » – affirmation qui est fort heureusement contredite dans la suite du film. Et quand vient l’heure des solutions pour limiter notre impact sur cette belle planète, la voix off se fait un chouïa politisée. Sans parler du bruit de vent lors d’un rapide passage sur Mars, laquelle est pourtant dépourvue d’atmosphère ! [EDIT du 19/10/2016 : c’est faux, mea culpa ! Son atmosphère est beaucoup plus ténue que la nôtre, mais elle existe bel et bien. Merci à Yogi et Sébastien :)] Mais ces petites incohérences ne nuisent pas à l’histoire et sont bien vite oubliées.

Car le véritable atout de ce documentaire est à la fois technique et esthétique : il a été filmé depuis l’espace, et ce n’est pas la moitié de rien ! Le tout grâce à des caméras numériques hors norme, spécialement adaptées aux transporteurs spatiaux et à la prise de vue dans l’espace et dans la station. Toni Myers et James Neilhouse, respectivement réalisateur et directeur de la photographie, ont ainsi préparé chaque astronaute à la prise de vue pendant près d’un an ; ce sont les spationautes eux-mêmes qui ont produit les images !

L’aventure humaine des astronautes dans l’ISS

Une belle manière d’aborder cette aventure humaine que vivent les astronautes dans l’ISS et leur quotidien là-haut : quelle tournure prennent les gestes ordinaires comme dormir, s’habiller ou se laver les cheveux ? Comment se passe une sortie dans l’espace, que ressent-on ? Sans parler de la vue par la plus belle fenêtre qui puisse être (à mon humble avis), la coupole : une vision à 180° sur notre planète bleue. L’occasion de parcourir le monde d’en haut, d’observer les phénomènes météorologiques qui s’y déroulent, d’y lire quelques conséquences visibles de la géopolitique et, bien sûr, d’observer notre impact sur l’environnement.

Bref, un film contemplatif qui vaut le détour. Il remet les perspectives en place et nous rappelle, à grand renfort de splendides images de la Terre vue du ciel, que notre vaisseau spatial est bien un « pale blue dot ». « On est tous amoureux de la planète, et on rêve que tous les humains puissent vivre cette expérience », souligne Jean-François Clervoy, spationaute à l’Agence spatiale européenne (Esa) et vétéran de trois missions spatiales avec la Nasa. Il nous confie qu’il avait « les yeux mouillés d’émotion en regardant la Terre défiler » depuis l’ISS. « En regardant par le hublot, on oublie même qu’on a un corps. On se sent juste une conscience flottante. On se demande comment l’univers a pu créer cette perle aussi contrastée, aussi pleine de vie. C’est très émouvant ! »

Jean-François Clervoy et Claudie Haigneré répondent aux questions des enfants après la projection. (crédit photo : Morgane G.)
Jean-François Clervoy et Claudie Haigneré répondent aux questions des enfants après la projection. (crédit photo : Morgane G.)

‘Thomas Pesquet est impatient de partir’

Claudie Haigneré, médecin spationaute et ex-présidente d’Universcience, ajoute : « On pense tous à Thomas Pesquet, qui s’est entraîné pendant 7 ans. Je crois qu’il est très impatient de partir ! » Ingénieur, pilote de ligne et spationaute français, le parrain de la Fête de la Science qui s’achève aujourd’hui quittera la Terre le 15 novembre prochain. Cap vers la station spatiale internationale pour une mission d’une durée de six mois (mission nommée PROXIMA), qui l’amènera à conduire une grande variété d’expériences scientifiques à bord de la station. J’avais d’ailleurs eu le privilège de le rencontrer l’an dernier, au Salon du Bourget, grâce au Cnes (que je ne remercierai jamais assez).

Thomas Pesquet et son tweet projetés à La Géode.
Thomas Pesquet et son tweet projetés à La Géode.

Il y aurait encore mille choses à dire sur ce film mais je crois l’avoir bien assez spoilé comme ça. Allez d’abord le voir et nous en reparlerons après 😉

Informations pratiques : A Beautiful Planet, La Géode (porte de la Villette, Paris 19e arr.), 47 minutes. 4 projections par jour à partir du 12 octobre. Plein tarif : 12 € – tarif réduit : 9 €.

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