La tragédie des biens communs

Popularisée par l’écologue américain Garret Hardin dans les années 1970, la tragédie des biens communs est une des théories expliquant les menaces qui planent sur la biodiversité.

La ressource est un bien rival : tout élément consommé par un individu ne sera plus disponible pour les autres. Dans l’exemple pris par Hardin, cette ressource est un pâturage communal sur lequel paissent des bêtes appartenant à plusieurs élevages. Pour maximiser son usage individuel, chaque éleveur a intérêt à accroitre son troupeau sans limites, alors que personne n’a d’incitations à entretenir ou augmenter la productivité du pâturage. Au final, le pâturage devient vite une étendue boueuse. Moralité, l’accès libre à une ressource limitée pour laquelle la demande est forte (compétition intense) mène inévitablement à une surexploitation de cette ressource et, en fin de compte, à sa disparition.

Garrett Hardin (source: LegalMinds Community)

Un exemple historique : l’île de Pâquesbienscommuns

Localisée au sud-est de l’océan Pacifique, cette île volcanique est connue pour ses immenses statues taillées dans le basalte (les moaï). Grâce à des études archéologiques et palynologiques (étude des pollens dans des carottes de sédiments), on sait désormais que la diversité biologique originelle de cette île était très riche. Mais depuis sa colonisation par les Européens lors des grandes expéditions des XVII-XVIIIème siècles, elle a été victime de la surexploitation de ses ressources : forêts coupées et brûlées, animaux chassés et pêchés, importation d’animaux domestiques et de plantes cultivées, au fur et à mesure de l’augmentation de la pression démographique humaine sur l’île. Aujourd’hui, il n’y a plus aucune forêt sur cette île et sa biodiversité est bien moindre en comparaison avec ce qu’elle a été. Cette érosion de la biodiversité est par ailleurs aussi imputable à l’invasion de l’île par les rats, introduits par les polynésiens, qui auraient contribué à l’extinction de la ressource en palmiers et en oiseaux (consommation des graines, des œufs et des oisillons).

Impact sur biodiversité et biomasse

Actuellement, cette tragédie des biens communs concerne sur Terre les forêts, les stocks de poissons marins, la qualité de l’air et de l’eau, la température atmosphérique, et les sols.

A la conjonction de la tragédie des biens communs, de l’explosion démographique de la population humaine et de la limitation des ressources, résident les problèmes actuels de la conservation de la biodiversité : extinctions d’espèces, érosion de la diversité biologique, perte de fonctionnement des écosystèmes… ce qui a évidemment des conséquences rétroactives sur l’environnement et, entre autres, sur nous.

Sources

N. Kaldonski, maître de conférences

Wikipedia

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