écologie Vs écologie

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Dans la tête du commun des mortels, deux notions ont tendance à se mélanger, et pour cause : elles portent le même nom. Mais il ne faut pas confondre l’écologie politique (ou militante) d’une part, et l’écologie scientifique d’autre part. La première fait des écologistes, la deuxième des écologues.

Écologie militante

En anglais environment, c’est celle dont tout le monde entend parler au quotidien, dans les médias, aux élections. Elle se définit comme « un courant de pensée […] [qui] vise au respect, à la protection, la préservation ou la restauration de l’environnement dans une forme très poussée. James Lovelock, père de la théorie Gaïa, est l’un de représentants les plus célèbres de cette doctrine. »

En passant, la théorie Gaïa (du nom de la déesse mère dans la mythologie grecque) considère la Terre comme un « superorganisme », c’est-à-dire qu’elle n’est pas que la somme de ses compartiments (hydrosphère – biosphère – lithosphère – atmosphère – pédosphère, les sols). Appelé écosphère, cet ensemble est un système qui s’autorégule grâce à des mécanismes internes (d’où l’idée de superorganisme).

Écologie scientifique

« la science des conditions d’existence » (Haeckel, 1864)

De l’anglais ecology, cette écologie-là (en grec eco logos, « science de l’habitat ») est une sous-catégorie de la biologie, qui vise à déterminer (et quantifier) les interactions entre êtres vivants d’une part, et êtres vivants et leur milieu d’autre part. Elle regroupe plusieurs disciplines décortiquant ces processus à toutes les échelles, depuis la molécule (écophysiologie, écotoxicologie) jusqu’à la planète entière (biogéographie, macroécologie).

Parmi les applications concrètes de l’écologie, figure la conservation de la nature : elle lui fournit les clés nécessaires à la mise en place des directives. Par exemple, elle a permis de faire évoluer le schéma des réserves naturelles : prenons le tout premier parc naturel au monde, Yellowstone (Etats-Unis, 1872). Il a été fondé sous le concept de « mise sous cloche », c’est-à-dire qu’aucun échange n’est possible avec l’extérieur. Mais voilà, fait mis en évidence par les écologues grâce à des modèles : un certain niveau de perturbations est nécessaire pour entretenir un bon niveau de biodiversité (c’est la théorie des perturbations intermédiaires). D’où, schéma revu pour les réserves actuelles : au centre, une zone de « mise sous cloche », qui cette fois est entourée d’une zone dite « tampon », où les échanges sont possibles (présence de villages, de routes…). Une manière plus efficace de conserver la biodiversité. Mais attention, n’allez pas raser la forêt ni faire une rave-party dans un site de nidification d’oiseaux : les perturbations c’est bien, mais pas trop. Au-delà d’un certain seuil, ce sera nuisible pour l’écosystème. Il n’a la capacité de se remettre d’une perturbation (capacité appelée « résilience ») que si cette perturbation n’est ni trop intense, ni trop fréquente.

Maintenant, si au cours d’une conversation le mot « écologie » apparaît, vous pourrez lever votre index avec votre air le plus savant et demander : « de quelle écologie sommes-nous en train de parler, la science ou la doctrine politique ? » Vous impressionnerez à coup sûr votre auditoire.

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